Agriculture : quels changements après les manifestations ?

Agriculture : quels changements après les manifestations ?

Ils se tiennent prêts à recommencer : après avoir manifesté à Lyon et Clermont-Ferrand, les agriculteurs d'Auvergne Rhône-Alpes attendent désormais des réponses du gouvernement. Après une visioconférence avec le ministre de l’Agriculture qui a eu lieu fin mars dernier, ils espèrent des avancées plus concrètes sur la PAC et la loi Egalim. Le ministère de l'agriculture devrait apporter les premiers


On a pu le constater durant les feux de détresse du 9 mars dernier ou encore durant les manifestations qui ont eu lieu à Clermont-Ferrand et à Lyon le 25 mars, chez les agriculteurs, la colère monte. Alors que leurs revenus sont au plus bas, ils sont menacés par les orientations de la future Politique Agricole Commune (PAC). D’un côté, la loi EGA qui ne donne pas les résultats escomptés avec des prix agricoles largement inférieurs aux coûts de production et de l’autre, une réforme de la PAC dont les premières propositions du Ministère vise à soutenir les hectares au lieu des hommes. C’est pour que ces propositions soient revues que les agriculteurs d'Auvergne-Rhône Alpes et des départements du Grand Massif Central se sont mobilisés en masse. Ils ont finalement pu obtenir une visioconférence avec le ministre de l’Agriculture dont les premiers éléments de réponses devraient être apportés ce jeudi 15 avril. 

 

L’agriculture et le commerce 
Selon eux, la dernière loi sur l’alimentation n’a pas été assez ambitieuse et fonctionne sur la seule volonté des acteurs : il faut donc une modification de la loi portée par le gouvernement pour imposer un prix payé, au minimum, au coût de production. 
De plus, la bonne volonté ne suffit pas dans le commerce puisque les transformateurs continuent de pressurer les producteurs : la production française diminue et le recours à l’importation avec des normes de production très différentes augmentent. Les agriculteurs demandent donc une législation contraignante afin que les producteurs puissent être payés à leur coût de production. Les consommateurs sont quant à eux les premiers acteurs de l’alimentation, ils peuvent orienter les choses par le biais de leurs achats. Pour cela, il faut qu’ils puissent choisir en connaissance de cause, c’est pourquoi un étiquetage clair et obligatoire de l’origine de tous les produits est également demandé.

 

“ Il est primordial d’acter le futur projet politique pour l’agriculture française, à savoir une agriculture créatrice de valeur ajoutée, qui permet l’installation de nombreux jeunes agriculteurs et la présence d’actifs agricoles sur tous les territoires. La PAC doit défendre les exploitants et non la course aux hectares. Bien que la diversité des situations agricoles au niveau européen impose une référence à l’hectare pour la plupart des aides, ce sont les conséquences au niveau de l’exploitant qui doivent primer dans les modalités d’application à l’heure des choix nationaux. Le Ministre doit choisir, clairement, entre deux visions de la PAC qui s’opposent : la PAC des Hommes contre la PAC des hectares. Ce sont deux avenirs bien différents pour l’agriculture et les territoires.”

 

Quelles solutions ? 
Il faudrait appliquer les prix à la production selon les coûts de production calculés au niveau national par les interprofessions où à défaut par l’Observatoire des Prix et des Marges et mettre en place la non-négociabilité des conditions générales de vente. La création d’une autorité de régulation en charge de la mise en place et du contrôle du dispositif devrait également être mise en place tout comme l'obligation de réaliser un étiquetage total des produits alimentaires sur leur origine.