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"Une inégalité de traitement" : l’Université Clermont Auvergne s’oppose à la hausse des frais pour les étudiants étrangers

"Une inégalité de traitement" : l’Université Clermont Auvergne s’oppose à la hausse des frais pour les étudiants étrangers
DR UCA

Le président de l’Université Clermont Auvergne dénonce un projet de généralisation des droits d’inscription différenciés pour les étudiants extra-européens, jugé "contre-productif".

Le ton est ferme. À Clermont-Ferrand, Mathias Bernard s’oppose à la volonté du gouvernement de généraliser les droits d’inscription différenciés pour les étudiants étrangers hors Union européenne.

Dans un communiqué publié ce jeudi 23 avril, le président de l’Université Clermont Auvergne critique une mesure qui ferait grimper les frais à 2 850 euros en licence et 3 879 euros en master, contre quelques centaines d’euros aujourd’hui pour les étudiants français.

Selon lui, une telle évolution enverrait un signal dissuasif à l’international, alors même que la France vise 500 000 étudiants étrangers d’ici 2027. L’université clermontoise en accueille près de 5 000, dont une majorité originaire d’Afrique et du Moyen-Orient.

Le risque est double : une baisse de l’attractivité des formations et un impact direct sur les territoires. "Les étudiants internationaux participent à la vitalité des campus et à l’économie locale", rappelle l’établissement, qui souligne leur contribution au rayonnement académique et scientifique.  

Au-delà de l’aspect économique, Mathias Bernard dénonce une remise en cause du principe d’égalité d’accès à l’enseignement supérieur. "Faire payer beaucoup plus cher une partie des étudiants selon leur origine revient à introduire une inégalité de traitement", estime-t-il.

Le président de l’université appelle finalement le ministre de l’Enseignement supérieur à renoncer à cette réforme et à respecter l’autonomie des établissements dans leur stratégie d’accueil.

Pour l’Université Clermont Auvergne, la question dépasse le simple financement : elle touche à l’attractivité du système français… et à sa conception du service public.