Une transaction automobile qui tourne au règlement de comptes. Le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand a condamné, jeudi 8 octobre, un homme à vingt mois de prison, sans mandat de dépôt, pour avoir tiré sur deux individus à Pont-du-Château, dans le Puy-de-Dôme, en mars 2022.
Les deux victimes, originaires de Saint-Étienne et surnommées "Batman" et "Vieux chien", avaient été grièvement blessées. L'une avait reçu une balle au visage, l'autre à la main. Leurs blessures avaient entraîné respectivement 60 et 30 jours d'incapacité totale de travail (ITT).
Un conflit autour de la vente d'un Mercedes
L'affaire remonte au 8 mars 2022. Ce jour-là, les deux Stéphanois se rendent à Pont-du-Château pour retrouver un homme de 34 ans, alors garagiste à Dallet.
Quelques semaines auparavant, ce dernier aurait servi d'intermédiaire dans la vente d'un Mercedes GL pour 42 000 euros. Mais l'origine du véhicule s'était révélée douteuse, provoquant un différend entre les acheteurs et l'intermédiaire.
Celui-ci avait déjà restitué les 3 000 euros perçus en commission et fourni une Volkswagen Golf en compensation. Les acheteurs exigeaient néanmoins le remboursement de l'intégralité de la transaction.
En début d'après-midi, les deux hommes, circulant en Audi A3, retrouvent le garagiste devant son domicile, rue Jean-Moulin. Une altercation éclate, avec une empoignade et une gifle. Le Castelpontin sort alors un pistolet de calibre 6,35 mm, acquis illégalement, et tire à trois reprises.
Après les coups de feu, il quitte les lieux dans un fourgon conduit par son frère. Il se présente finalement aux gendarmes de la section de recherches de Clermont-Ferrand trois semaines plus tard, avec son arme démontée.
Cinq ans de prison requis par le parquet
Initialement ouverte pour tentative d'assassinat, l'enquête aboutit à une requalification des faits en violences avec usage ou menace d'une arme.
Après neuf mois de détention provisoire, le prévenu avait été placé sous contrôle judiciaire en décembre 2022. Il comparaissait donc libre devant le tribunal, le 8 octobre dernier.
À l'audience, il a décrit une période durant laquelle il affirme avoir subi des pressions et du racket de la part d'un tiers, pour lequel il aurait effectué différentes tâches. Il a également expliqué avoir acheté son arme pour se protéger de cet homme, et non des deux Stéphanois.
La procureure Noémie Virat a souligné le caractère encore obscur de l'origine du conflit, tout en estimant que la réaction du prévenu était disproportionnée. Elle a requis cinq ans de prison avec mandat de dépôt.
Son avocat, Me Jean-François Canis, a défendu une réaction liée à la peur. Selon lui, son client redoutait d'être enlevé et séquestré par les deux hommes venus lui réclamer de l'argent. La défense a également insisté sur le fait qu'il s'était lui-même présenté aux enquêteurs après sa fuite.
Le tribunal a finalement prononcé une peine de vingt mois de prison, sans mandat de dépôt, bien inférieure aux réquisitions. Les juges ont également estimé que les deux victimes portaient une responsabilité à hauteur de 50 % dans leur propre préjudice.
L'un des deux hommes blessés, celui touché à la main, était présent à l'audience. L'autre se trouvait au Maroc.









