Sécheresse dans le Cantal : une centaine d’agriculteurs manifestent devant la préfecture

Sécheresse dans le Cantal : une centaine d’agriculteurs manifestent devant la préfecture
Près de 50 ?s pâturages seraient déjà perdus dans le Cantal, selon les enquêtes menées par la chambre d’agriculture. — Photo : RVA

Près d’une centaine d’agriculteurs se sont rassemblés mardi 15 septembre devant la préfecture du Cantal, à Aurillac. Face aux pertes importantes dans les pâturages, ils jugent les aides de l’État insuffisantes et contestent le recours aux images satellites pour calculer certaines indemnisations.

La sécheresse continue d’alimenter l’inquiétude dans les exploitations agricoles du Cantal. À l’appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs, près d’une centaine de personnes ont manifesté mardi soir devant la préfecture à Aurillac pour réclamer une réponse plus importante de l’État.

Le manque de pluie en septembre a encore aggravé la situation des prairies. Selon les enquêtes menées par la chambre d’agriculture, près de 50 % des pâturages seraient déjà perdus.

Une situation qui oblige les éleveurs à puiser dans leurs réserves. « On va devoir nourrir nos bêtes avec du fourrage jusqu’au printemps prochain. Financièrement on ne tiendra pas et l’État ne prend pas la mesure de la gravité de la situation », alerte Mathieu Théron, président de la FDSEA.

Un million d’euros jugé insuffisant

La colère porte notamment sur les aides financières annoncées. Selon Mathieu Théron, le Cantal doit recevoir un million d’euros au titre du fonds de réarmement de l’agriculture. Rapportée aux 6 000 agriculteurs du département, cette enveloppe est jugée très insuffisante par le responsable syndical.

Autre point de crispation : les modalités de calcul de l’indemnité de solidarité nationale. Les agriculteurs contestent l’utilisation de l’imagerie satellite pour évaluer l’état des prairies et déterminer les indemnisations.

Le président de la FDSEA estime que cette méthode, fondée notamment sur la couleur observée, peut donner une vision trompeuse de la situation et ne prend pas en compte les dépenses déjà engagées par les exploitants. Il réclame l’abandon de cette technologie au profit d’enquêtes réalisées directement sur le terrain, comme pour le maïs.

La ministre attendue au Sommet de l’élevage

Les manifestants ont pu échanger avec le préfet du Cantal, Philippe Loos, venu à leur rencontre. Certains agriculteurs ont évoqué devant lui un « véritable risque de famine agricole ». Le représentant de l’État n’a toutefois pris aucun engagement à l’issue de cet échange.

Les syndicats agricoles entendent désormais maintenir la pression avant le Sommet de l’élevage. Leur message adressé au gouvernement est clair : « Il n’est pas question que la ministre arrive les mains vides au Sommet de l’élevage. »