Jusqu’ici, un conducteur surpris avec son téléphone à la main risquait surtout 135 euros d’amende et trois points en moins. Dans le Puy-de-Dôme, la sanction pourra bientôt être beaucoup plus lourde.
La préfète Anne Frackowiak Jacobs doit prendre en septembre un arrêté autorisant la suspension immédiate du permis pour ce seul motif. Il ne sera donc plus nécessaire que l’automobiliste ait également commis un excès de vitesse, franchi une ligne blanche ou refusé une priorité.
Cette décision intervient alors que 22 personnes ont déjà perdu la vie sur les routes du département depuis le début de l’année.
L’alcool, les stupéfiants et la vitesse restent régulièrement mis en cause, mais l’usage du smartphone apparaît lui aussi dans plusieurs accidents. Les services de l’État estiment que les messages de prévention ne suffisent plus à faire disparaître cette pratique.
Les contrôles seront donc renforcés sur l’ensemble du réseau routier puydômois à la rentrée.
Une suspension pouvant durer plusieurs mois
Lorsqu’un conducteur sera surpris avec son téléphone en main, les forces de l’ordre pourront retenir son permis directement au bord de la route. La préfecture décidera ensuite de la durée de la suspension administrative.
Dans les départements ayant déjà adopté ce dispositif, elle peut aller de quinze jours à six mois selon les circonstances et les antécédents de l’automobiliste.
Cette mesure s’ajoutera à l’amende et au retrait de trois points déjà prévus par le Code de la route.
Le Puy-de-Dôme rejoint ainsi plusieurs territoires ayant choisi de durcir leur politique, parmi lesquels la Charente-Maritime, le Lot-et-Garonne, le Pas-de-Calais et, depuis le 1er août, la Haute-Loire.
Selon les chiffres avancés par les autorités, téléphoner au volant multiplie par trois le risque d’accident. Lire ou rédiger un message le multiplierait par 23, le conducteur quittant alors la chaussée des yeux pendant plusieurs secondes.









