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Tourné dans l'Allier, le film historique "L'Affaire Bojarski" sort au cinéma ce mercredi

Tourné dans l'Allier, le film historique "L'Affaire Bojarski" sort au cinéma ce mercredi
Reda Kateb interprête le rôle principal du film "L'affaire Bojarski" © GUY FERRANDIS

Ce mercredi sort au cinéma "L'affaire Bojarski". Un film passionnant sur un faussaire qui a créé des millions de fausses monnaies. Rencontre avec son réalisateur, Jean-Paul Salomé.

C'est un film haletant et passionnant qui sort sur les écrans de cinéma ce mercredi. "L'affaire Bojarski" nous plonge dans la France des années 50 à 60 pour retracer la folle histoire de Jan Bojarski. Basé sur des faits réels, le film de Jean-Paul Salomé dresse l'histoire d'un faussaire qui fabriqué des millions de francs pendant de nombreuses années sans jamais être attrapé. Plus scène ont été filmées dans l'Allier.

Rencontre avec Jean-Paul Salomé, réalisateur de "L'Affaire Bojarski", en salle ce mercredi 14 janvier 2026.

X.GRUMEAU - RVA : Pourquoi Bojarski est-il un personnage de cinéma ?

Jean-Paul Salomé, réalisateur : C'est un personnage extrêmement romanesque qui a eu une vie après-guerre. C'est génie et il a mis ce génie au service de la fausse monnaie parce que dans la France de l'époque, un Polonais avait du mal à faire sa place. Il avait beau avoir des diplômes, d'être ingénieur, il a mis son ingénierie au service de cette fausse monnaie jusqu'à être reconnu comme le meilleur faux monnayeur de tous les temps. C'est une histoire incroyable avec sa vie de famille, il a fait ça tout seul, dans son garage.


Jean-Paul Salomé au festival Jean Carmet de Moulins © X.GRUMEAU - RVA

RVA : Vous avez ressenti le potentiel de cette histoire ?

JP Salomé : Il y avait une vraie matière narrative dans ce personnage. Mais aussi dans celui du flic qui va le traquer pendant 15 ans dans la vraie vie. Sa vie de famille qui va vivre dans le traumatisme permanent. C'est cet ensemble-là que j'ai trouvé riche, émouvant. J'avais envie de voir ce film à l'écran, donc je l'ai réalisé.

L'histoire était extrêmement médiatique à l'époque, dans les année 50-60, mais qui est tombé dans l'oubli. Et j'étais étonné de voir que personne ne l'avait adapté.

RVA : Peut-être parce que Bojarski n'est ni un héros, ni un malfrat au final.

JP Salomé : Tout à fait et puis c'est un immigré polonais aussi. Mais aujourd'hui faire le portrait d'un anti-héros est plus dans l'air du temps qu'il y a 10, 20 ou 30 ans. Aujourd'hui, c'est une histoire actuelle.

RVA : En plus de Reda Kateb et Sarah Giraudeau, il y a aussi beaucoup de nouveaux talents comme Bastien Bouillon et Pierre Lotin. Comment êtes-vous arrivé à trouver ces nouvelles pépites ?

JP Salomé : C'est totalement à l'instant. J'avais écrit le rôle de Bojarski pour Reda parce qu'il avait le physique du personnage, il était prévu dès le début. Et autour de lui, j'ai fait le casting pour créer un ensemble et des couples : lui et sa compagne, lui et le flic, lui et son copain. Je voulais des comédies issues de familles et de milieux différents, mais ce sont tous des très bons comédiens.


Plusieurs scènes ont été tourné à la gare de Vichy © Guy Ferrandis

RVA : Une histoire que vous avez voulu tourner dans l'Allier. Comment avez-vous décidé de tourner à Saint-Pourçain-sur-Sioule et à Vichy ?

JP Salomé : On voulait trouver des décors de l'époque des années 50-60, ce qui n'est pas simple. On voulait tourner à Lyon pour rester dans la réalité de l'action de la vie de Bojarski. En regardant la région, on cherchait des villes qui avaient encore ce parfum des années d'après-guerre. Vichy est apparu assez vite donc a sillonné la zone autour pour trouver un maximum de décors et être efficace. On a eu beaucoup de plaisir à tourner ici, c'est très beau, et on a été très bien accueilli.

RVA : Parce que ce sont des villes qui ont conservé leur ambiance de l'époque ?

JP Salomé : Il y avait une multitude de décors, notamment à Vichy. On a tourné certaines scènes à Vichy alors qu'elles sont censées se dérouler à Paris. Aussi bien dans les intérieurs que les extérieurs. Le Paris d'aujourd'hui n'a rien à voir avec la ville des années 50. Donc, pour éviter trop de décors et de trucages, à Vichy, c'était moins compliqué, car on pouvait prendre plus de choses du réel de l'époque.

RVA : Au-delà du personnage de Bojarski, quel est le sujet du film ?

JP Salomé : C'est le portrait d'un homme qui est animé d'une vraie passion. Et cet homme, il est prêt à tout sacrifier pour aller au bout de cette passion qu'est la fausse monnaie. Même moi, en tant que cinéaste, je me suis reconnu dans cela, dans cette passion qui vous anime et qui n'est pas facile à vivre pour ceux qui vous entourent. Ce sont des choses assez personnelles dans lesquelles je me suis reconnu.

Bastien Bouillon (à droite) interprète le flic à la poursuite de Bojarski © Guy Ferrandis

RVA : Vous ne vous êtes pas reconnu dans la fausse monnaie ?

JP Salomé : Non, bien entendu (rire). Ça peut paraître bizarre, mais il y a des choses du personnage que je comprenais de manière intime. C'est ce que j'ai essayé de transmettre aux spectateurs.

Entretien réalisé lors du Festival Jean Carmet de Moulins, le 10 octobre 2025.

 

 

 

X.GRUMEAU