Les lycéens sont-ils trop sollicités par l’école ? C’est le constat dressé par une étude menée auprès de 600 élèves dans l’académie de Clermont-Ferrand. L’enquête a notamment démontré que les horaires de travail pouvaient dépasser les 35 heures par semaine en présentiel au lycée. À cela, il faut ajouter les temps de transports et bien entendu les devoirs à la maison. Résultat : des semaines de plus de 50 heures, interminables.
Des semaines à rallonge et un mal-être adolescent
Antonin Vialette a 17 ans, il est lycéen au lycéen Madame de Stael à Montluçon. C'est lui qui est à l'initiative de ce questionnaire via son rôle de vice-président au Conseil Académique de la Vie Scolaire. Une consultation auprès de 601 adolescents pour s'exprimer sur les conditions matérielles, les temps de travail, le bien-être à l'école, etc.
Les emplois du temps sont au cœur de cette enquête qui a mis en exergue les plages horaires étendues que doivent supporter les lycéens tout au long de l'année.
Le modèle du lycée aujourd'hui, c'est 8 h-18 h. Certains élèves qui nous ont montré leurs emplois du temps avec 35 à 36 heures de cours par semaine et uniquement en présentiel devant un professeur. Il faut donc penser à rajouter le temps de travail à la maison, en moyenne 1 h 30 à 2 h 30 par soir. Plus les temps de trajets quotidiens et le travail scolaire le week-end, quatre heures en moyenne.
Des semaines qui s'étirent au-delà de 50 heures de travail et de transports scolaires chaque semaine pour certains adolescents. Un rythme qui peut devenir infernal pour certains adolescents et affecter leur santé mentale.
Une majorité des lycéens ont une surcharge mentale. Les résultats de la consultation montrent que 76 % des lycéens se sentent très sollicités face aux évaluations.
Dans le reste des questions posées aux lycéens, la plupart des interrogés ont assuré que les conditions matérielles et d'accueil des lycées étaient satisfaisantes. Un pied de nez à l'image des élèves râleurs et insatisfaits en permanence d'après Antonin Vialette.
Repenser l'emploi du temps
S'appuyant sur les résultats de cette enquête, le CAVL a voulu proposer des orientations basées sur des résultats scientifiques. Un consensus semble déjà s'établir pour un début des cours à 9 h au lieu de 8 h et terminer les cours à 15 h 30 au collège, 16 h 30 au lycée. L'autre solution serait de diviser les cours en deux blocs avec des matières théoriques le matin et des activités pratiques l'après-midi (culture, sport, associatif...).
En tant que lycéens, on est prêt à faire un pas en avant. Si on veut réduire les journées de cours, on est prêt à sacrifier des jours ou des semaines de vacances. Deux mois l'été, voir trois mois en seconde, c'est un trop gros trou dans l'année.
Des solutions qui pourraient améliorer les choses, mais faut-il encore que les adultes veuillent bien écouter les adolescents. L'enquête montre également un manque de considération de la part du corps enseignant envers les élèves. De même sur la réponse politique qui paraît vouloir détourner le débat du temps de travail pour prendre des mesures sur les téléphones portables ou les réseaux sociaux.
Certains adultes sur les réseaux sociaux me rétorquent que "ça fonctionnait il y a 50 ans". D'accord, mais en 2026, ça ne fonctionne plus. Les résultats scientifiques montrent que le rythme 8 h-18 h est contre-productif avec des résultats sont en fort déclin.
Les conclusions de l’enquête ont été transmise au ministère de l’Éducation national avec l’espoir d’une amélioration du quotidien des lycéens dans les prochaines années.









