Féminicides en France: les associations et collectifs féministes se mobilisent pour rendre hommage

Féminicides en France: les associations et collectifs féministes se mobilisent pour rendre hommage

Ce dimanche 14 février, plusieurs personnes se sont rassemblées afin de rendre hommage aux différentes victimes de féminicides qui ont eu lieu en 2020 en France .


De la Pardieu à Jaude, les associations et collectifs féministes se sont mobilisés pour rendre hommage aux victimes de féminicides en France. Ce dimanche, les membres du collectif ont pu coller sur les murs de la ville de Clermont-Ferrand les prénoms des victimes de ces violences conjugales: une centaine de noms ont été affichés. Il aura fallu plus de deux heures à une dizaine de militantes de ce collectif pour arriver à la fin de la longue liste des victimes. L'une d'elles témoigne que « Nous avons, à chaque collage, des réactions très contrastées : beaucoup sont bienveillantes, avec des remerciements et des félicitations, mais nous recevons aussi parfois des menaces; ce n'est pas rare et certaines peuvent même être violentes.»

En France, on estime à un minimum de 219 000 (soit 1% de la population totale) le nombre de femmes victimes de violences conjugales de type physique ou sexuel tous les ans. Les violences contre les femmes n'épargnent aucune génération ou nationalité, elle est d'ailleurs l'une des formes de violation des droits humains les plus présentes. En 2018, un tiers des 120 femmes tuées avait auparavant déposé une plainte ou une main courante. En 2019, le nombre de féminicides a augmenté de 21 % en France et aujourd’hui les femmes représentent plus de 80 % des victimes d’homicides conjugaux.

Une situation inacceptable qui doit changer

« Il faut que l’on assiste à un profond changement des mentalités », déclare Ernestine Ronai, la responsable de l’Observatoire départemental des violences envers les femmes en Seine-Saint-Denis. 
Depuis 2020, différentes mesures ont été mises en place : un portail de signalement en ligne des violences sexuelles et sexistes qui prend en compte les violences conjugales avec des policiers, des gendarmes et des psychologues au bout du fil. On retrouve également des modules de formation et de sensibilisation qui ont été instaurés dans les écoles de police et au sein des commissariats tout comme une grille d’évaluation du danger à disposition des forces de l’ordre qui reçoivent les victimes.

Un petit progrès pour 2020

Selon le ministre de la Justice, au cours de l’année 2020, ce sont 90 femmes qui ont été tuées par leurs conjoints ou ex-conjoints contre 146 en 2019 : « Nous avons obtenu ces résultats, ils sont encore trop modestes mais ils sont porteurs d’espoir », déclare-t-il.
Cependant, l’épidémie de coronavirus et les différents confinements ont ramené au premier plan l'importance des violences faites aux femmes à leur domicile. « Beaucoup de féminicides se produisent lorsque les femmes veulent partir, or beaucoup n’ont pas pu partir pendant cette période », analyse Floriane Volt, directrice des affaires publiques de la fondation des femmes. « Pendant le confinement, les femmes étaient coincées. C’est quand Madame dit “je m’en vais” qu’il la tue » affirme à son tour la président de l’Union nationale des familles de féminicides (UNFF) Sandrine Bouchait.

Le confinement reste malgré tout une période à haut risque en ce qui concerne les violences intrafamiliales: durant 2020, il a engendré une hausse de 36% des interventions des forces de l’ordre pour ce motif. Pour ce début d’année 2021, on compte déjà 10 féminicides en France.

Pour les personnes qui en ressentent le besoin, n’hésitez pas à contacter le 3919, un numéro gratuit, anonyme, non enregistré et non visible sur les factures. Le 3919 est un numéro d’écoute qui est le premier lien entre un victime ou un témoin de violences conjugales. Le numéro est disponible 7 jours sur 7, de 9h à 22h du lundi au vendredi et de 9h à 18h les samedis, dimanches et jours fériés. Il devrait être disponible 24h/24 à compter de cet été.
Néanmoins, le 3919 n’est pas un numéro d’urgence ! Si vous êtes en danger, contactez la police (17), la gendarmerie (112) ou les pompiers (18). Si vous êtes dans l’incapacité de parler, vous pouvez aussi envoyer un sms gratuitement au 114 ou vous pourrez communiquer par écrit à votre correspondant.