Clermont-Ferrand – Paris : la SNCF pourrait perdre l'exploitation de la ligne en 2029

Clermont-Ferrand – Paris : la SNCF pourrait perdre l'exploitation de la ligne en 2029
Sur la ligne du Bourbonnais, l’opérateur retenu devra assurer une desserte comparable à l’actuelle, avec un aller-retour supplémentaire. — Photo : FLICKR

La compagnie ferroviaire Le Train vient de déposer sa candidature pour exploiter la liaison Intercités entre Clermont-Ferrand et Paris. À partir du 9 décembre 2029, la SNCF devra faire face à la concurrence pour conserver cette ligne. Pour les voyageurs auvergnats, ce changement d'opérateur ne signifierait toutefois pas davantage de trains.

La SNCF ne sera pas seule dans la course pour exploiter la ligne Clermont-Ferrand – Paris. L'entreprise bordelaise Le Train a officiellement annoncé sa candidature dans le cadre de l'ouverture à la concurrence des lignes Intercités du Bourbonnais et Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT).

Son fondateur, Alain Getraud, a fait connaître cette décision sur les réseaux sociaux. Les deux liaisons sont concernées par une procédure engagée par l'État, avec une ouverture à la concurrence prévue le 9 décembre 2029.

L'enjeu est important pour les villes desservies par la ligne du Bourbonnais, notamment Clermont-Ferrand, Riom, Vichy et Moulins.

Un nouvel exploitant, mais pas forcément plus de trains

Pour les voyageurs, l'arrivée éventuelle d'un concurrent ne bouleverserait pas nécessairement les conditions de circulation.

Contrairement à une compagnie qui viendrait ajouter ses propres trains à ceux de la SNCF, l'entreprise retenue remplacerait l'exploitant actuel. Elle devrait assurer le service défini par l'État, globalement comparable à la desserte actuelle, avec un aller-retour supplémentaire.

Les nouvelles rames Oxygène, dont la livraison est toujours attendue, seraient mises à disposition de l'opérateur choisi.

Les cheminots travaillant sur la ligne pourraient également rejoindre cette entreprise, sur la base du volontariat.

Même si la SNCF remportait l'appel d'offres, l'exploitation serait confiée à une filiale distincte de la maison mère. Une séparation opérationnelle est déjà engagée.

Le Train cherche à s'imposer après plusieurs candidatures infructueuses

Fondée à Bordeaux, la compagnie Le Train nourrit depuis plusieurs années des ambitions sur le réseau ferroviaire français.

Elle s'est notamment intéressée à des liaisons directes entre Bordeaux, Nantes et Rennes, ainsi qu'à des dessertes à grande vitesse reliant Paris à Bordeaux et Nantes.

L'entreprise a également participé à plusieurs appels d'offres concernant les lignes Intercités Nantes-Bordeaux et Nantes-Rennes, ainsi que les TER du Poitou, sans être retenue.

Le Train n'a cependant encore fait circuler aucun train et ne dispose pas, à ce stade, des rames nécessaires à ses projets.

Sa candidature sur les lignes Clermont-Ferrand – Paris et POLT représente donc une nouvelle tentative pour accéder à l'exploitation de services ferroviaires.

D'autres opérateurs pourraient également entrer dans la compétition, même si aucune autre candidature n'est mentionnée à ce stade.

Pour la SNCF, l'enjeu sera de convaincre l'État de lui renouveler sa confiance. Pour les usagers de la ligne Clermont-Ferrand – Paris, régulièrement confrontés à des difficultés d'information lors des suppressions de trains ou de voitures, la qualité du service et de la communication restera un point particulièrement attendu.